gouttes d’eau tombant avec un son lugubre de ces murs humides. Une pensée comme il n’en vient qu’à celui dont la vie est menacée , une pensée horrible a jeté tout à coup la terreur dans son àme : « Ne serait - ce pas le suintement du sang que l’on a versé par torrents sur cette terre? » Il n’ose faire un pas, il craint de remuer les ossements de ceux qui, sans doute, l’ont précédé dans cet affreux séjour. L’obscurité, le silence, l’étroite enceinte, tout contribue à faire de sa prison la fidèle image du tombeau. « Mon Dieu, s’écria-t-il, me voilà donc enseveli vivant dans le sein de la terre ! »
Ne voyant que désespoir dans le présent, il s’efforce de rappeler le passé. Il est encore dans la Touraine : il jouit de la vie tranquille et indépendante qu’on trouve le plus ordinairement dans cette position qui n’est ni la grandeur ni l’abaissement ; il commence une de ces promenades solitaires si favorables à la méditation. C’est le matin : le soleil vient de se lever. Il sent, car l’àme sent aussi par le souvenir , il sent l’agréable fraîcheur que la nuit laisse après son passage, la douce rosée que l’aurore verse sur la terre au moment où apparaît son roi. Il sent,
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et n’entend rien , si ce n’est le bruit de quelques
et cette bienfaisante sensation semble un instant le ranimer, il sent les premiers rayons du soleil

