CHAPITRE III.

Courage dune jeune fille.

Le pauvre prêtre navait pas encore joui des douceurs du sommeil depuis quil était en pri­son. Ce quil avait éprouvé, lhorreur de sa condition présente, limage plus effrayante en­core de lavenir, tout lavait empêché de fermer la paupière; il était épuisé de fatigue. A la fin il sendormit ; son sommeil fut long et paisible. Les consolations quil venait déprouver dans son entretien avec Dieu se prolongèrent dans ses rêves. La figure sinistre de son geôlier lui apparut dabord ; puis il aperçut la douce figure dune enfant quil avait recueillie à sa naissance, et quil navait jamais abandonnée jusquau moment il sétait vu dans la nécessité de fuir. Elle sapprochait de lui, et laidait à soutenir le poids de ses chaînes; elle soignait ses membres meurtris, et laissait tomber quel­ques gouttes de vin dans leau quon lui don­nait à boire ; puis échangeait son pain pour le

GATIESNE. 19

ce quelles ne nous procurent pas toujours les abondantes consolations de lespérance?