vieillard !. où êtes-vous? où sommes-nous
tous les deux?
— Mon enfant, j’ai voulu éviter la mort par l’exil, et j’ai rencontré la prison; mon malheur n’a rien qui doive surprendre aujourd’hui. C’est vous, mon enfant, c’est vous seule qui me surprenez : votre timidité et votre modestie ont donc pu se prêter à ce déguisement?
—Persécutée, mise en prison, ma bienfaitrice venait de mourir. Je ne m’occupai plus que de vous désormais. L’image des maux que vous
22 GATIEWNE.
Cette nuit s’écoula bien lentement ; le sommeil l’avait de nouveau abandonné. Il sent encore les larmes qui ont mouillé sa main; cette douce voix qui l’a fait tressaillir retentit toujours à ses oreilles ; au plus léger bruit qu’il entend, il regarde ; il s’imagine que la porte va s’ouvrir.
La porte s’ouvre enfin. Le jeune homme de la veille descend précipitamment ; il est aux pieds du vieillard . « Mon père ! » s’écrie-t-il ; et il ne peut en dire davantage. « Ma fille ! » répond le vieillard, et la parole expire également sur ses lèvres.
C’est une jeune fille en effet. Elle soulève de ses mains tremblantes les chaînes dont le prêtre est chargé : « Bon vieillard, reprend-elle après que sa première émotion se fut calmée, bon

