34 GATIENNE.
chapeau, passait son mouchoir sur son front comme pour l’essuyer, puis se recouvrait. Il appuyait l’oreille contre la porte , et paraissait écouter avec beaucoup d’attention. Quelquefois il se levait, se promenait devant la porte, toujours absorbé dans ses réflexions, et s’asseyait de nouveau pour recommencer ce qu’il avait déjà fait plusieurs fois.
Au bout d’une demi-heure environ, la porte s’ouvrit, et une femme, jeune aussi, sortit en repoussant la porte avec violence. Cette femme était soigneusement enveloppée, et semblait porter quelque chose sous le bras. C’est elle que le jeune homme attendait avec une impatience visible. Ils se regardèrent sans rien dire. La femme s’appuya sur le bras du jeune homme, et ils marchèrent lentement, en gardant toujours le silence le plus profond. Il était facile de comprendre que, n’ayant que des choses tristes à se dire , ils aimaient mieux ne pas parler.
Cependant, après avoir fait quelques pas , le jeune homme commença le premier :
« Eh bien ! elle refuse donc de nous recevoir? — Hélas ! oui.
— Malédiction sur elle et sur les siens !.... Jlais lui as-tu dit que nous allions nous éloigner, et qu’elle n’entendrait jamais parler de nous?
—Cette menace l’a fait sourire. Elle a répondu

