que, puisque nous avions voulu disposer seuls de nous mêmes au moment de notre mariage, nous pouvions le faire encore aujourd’hui.
— Lui as-tu parlé de notre petite fille? lui as-tu rappelé qu’elle est le dernier rejeton de sa famille?
— Elle dit qu’elle ne la connaît point.
— N’aurais-tu point rougi de lui dire que sa nièce chérie, que cette nièce élevée avec tant de délicatesse se trouve aujourd’hui dans la plus profonde misère; qu’elle est plus malheureuse mille fois que les pauvres qui tous les jours vont tendre la main à sa porte ?
— Je lui ai tout dit, et n’ai rien obtenu , pas même une larme.
— Lui as-tu rappelé ses sentiments religieux? — Elle m’a répondu que Dieu me condamne aussi, puisqu’il commande à la jeunesse de ne point se laisser aller à l’entraînement de ses aveugles penchants, et de suivre la direction des personnes d’âge et d’expérience.
— Je connaissais déjà la dureté de son cœur, mais je ne pouvais m’attendre à rien de semblable. Femme orgueilleuse ! tante barbare ! Le Dieu que tu pries sera pour toi sans entrailles, comme tu l’es aujourd’hui pour ceux qui t’implorent. Le sang que tu persécutes, ton propre sang élèvera la voix contre toi...
GATIKNNE. 3»

