Aux petits des oiseaux il donne leur pâture,
Et sa bonté s’étend sur toute la nature.
— Il me semble , mon ami, que tu aurais dû t’occuper de Dieu plutôt que de Racine , et de piété plutôt que de poésie.
— Ne sont-ce pas là de pieuses pensées? C’est l’Évangile mis en vers, et puis, comme cela convient bien à notre situation ! levais te dire l’idée qui m'est venue à cette occasion : tu porterais ta fille dans le temple; pauvre petite orpheline, abandonnée de ses parents au moment de sa naissance, entre les mains de qui convient-il qu’elle soit remise, si ce n’est entre les mains de Dieu? Tu la déposerais au pied de l’autel de la Vierge. Parmi les personnes qui viennent habituellement prier le soir à cet autel, il y en a qui sont entièrement dévouées aux œuvres de charité; l’une d’elles se chargerait peut- être de notre enfant. Pour nous tranquilliser sur sou sort, nous nous placerions de manière
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qui se voit dans la nécessité de se séparer de son enfant ; cependant mon courage s’est un peu ranimé devant Dieu. Et toi, monami, que pen- sais-lu?
— Moi, je me suis occupé surtout de ces beaux vers de Racine :
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ?

