présent : c est pour elle et uniquement pour elle qu’il n’y a point de lendemain. Cette félicité d’autrefois, elle se la rappelle avec larmes, et la regretterait beaucoup plus encore, si la pauvre petite fille qu’elle se trouve dans la né-
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famille, portant sur leur visage calme et recueilli les marques irrécusables de leur satisfaction intérieure. Le jeune homme enviait leur sort; il se disait: « Il est donc possible de trouver un peu de repos sur la terre ! »
Pendant que le jeune homme s’abandonnait ainsi à ses réflexions, la jeune femme était entrée dans le temple. Elle s’imaginait que le bruit de ses pas appelait sur ce qu’elle allait faire l’attention de tous les assistants. Ces personnes placées de distance en distance et agenouillées dans l’ombre, ces statues immobiles sur les autels, semblaient fixer sur elle des regards attentifs. Cependant elle s’enhardit peu à peu sous l’œil de Dieu. Elle s’avance toujours ; elle arrive à la chapelle de la Vierge. Qui dirait toutes les pensées qui se pressent dans son âme ! C’est devant cet autel qu’elle avait coutume de venir prier , elle , insouciante jeune fille, avec la tante qui avait alors pour sa nièce une affection de mère. Qu’elle y a passé de doux instants ! que sa vie habituelle était tranquille! Imprévoyante de l’avenir, l’heureuse jeunesse ne vit que dans le

