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la vertu; par son bon naturel, par sa conduite , elle se montrait véritablement digne des soins généreux qui lui étaient prodigués.
La révolution éclata, et bouleversa l’antique société sous laquelle elle avait sourdement grondé pendant plusieurs années. La servante du vieux prêtre venait de mourir. Il semblait que Dieu l’eût appelée à lui avant l’heure des tribulations, de peur que le cœur de cette excellente fille ne se brisât en voyant les dangers auxquels son maître serait exposé , et les souffrances qu’il aurait à endurer. Le prêtre se retira dans la maison où Gatienne avait été placée. Cette jeune fille était déjà en âge de payer à son bienfaiteur une partie des soins qu’elle en avait reçus. Pendant les premières années de la révolution, plusieurs visites domiciliaires eurent lieu dans la maison où il s’était réfugié, et ce fut presque toujours la jeune Gatienne qui, par son sang-froid, par son courage, par la sagesse de ses réponses, rendait inutiles les recherches les plus actives et les plus minutieuses.
Le temps arriva où il n’y avait plus de sûreté nulle part pour le prêtre catholique, pas même dans les retraites les plus cachées. Ce fut alors que notre charitable ecclésiastique forma la résolution de s’expatrier, malgré son grand âge. La jeune Gatienne ressentit vivement la perte

