ses semblables. En un mot, de tous les vices qui dés ; iltii| la terre , il n’y en avait peut-être pas un seul qui ne se fût établi dans son âme. La condition de cet homme changea bientôt. Autant il avait été favorisé de la fortune, autant il en fut maltr ité. Alors il se ressouvint que Dieu était son maître, et que les hommes étaient ses frères. Tl se réforma peu à peu : il devint doux, patient, çlja r ‘itaLie ; son âme, qui avait été le réceptacle impur ,de tous les vices, parut à la fin le temple de toutes les vertus.
Ce que je viens de vous dire, vous le voyez confirmé par ce qui se passe tous les jours sous vos yeux. Parmi ces prisonniers que vous visitez , combien se sont livrés à la vertu depuis que le malheur les a frappés ! Et ceux qui étaient déjà vertueux, que de progrès ils ont faits depuis ! Plus l’homme est abaissé, plus il peut s’élever. L’ignoble charrette qui le conduit au supplice deviendra le char de son triomphe, et l’échafaud couvert de sang, le théâtre éclatant de sa gloire.
Cependant il faut à l’homme un grand courage pour laisser ainsi façonner son âme par le marteau de la souffrance. O mon enfant! ne vous lassez point de ranimer par vos paroles etparvos
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GATIENNE. 73
porté, violent ; il était sans entrailles pour les malheureux qu’il avait cessé de regarder comme

