GATIENNE. 83

ges. Dès quil nous aperçut , il jeta sur nous un regard de fureur ; puis, tournant latêteen signe de mépris, il chanta d'une voix de tonnerre :

Allons, enfants de la patrie,

Le jour de mort est arrivé.

Contre noua de la tyrannie Le couteau sanglant est levé.

Nous nous approchâmes. Le jeune inspecteur lui dit en sapprochant : « Qui êtes-vous donc, vous qui osez travestir ainsi nos chants de patriotisme et de gloire?

Républicain.

Pourquoi avez-vous été arrêté?

Pourquoi ! mais il est facile de le voir : parce que nous sommes tous sous le joug de la plus monstrueuse tyrannie.

A quelle époque avez-vous été arrêté?

A quelle époque ! on le saura plus tard ; je le dis à la France, je le dis au monde entier. Ils auraient bien voulu mempêcher de dévoiler leur infamie, mais ils ne le pourront jamais'! Ils mont refusé de lencre; jen ai pris dans mes veines : jécris avec mon sang, voyez-vous ! » Eu disant ces mots, il nous montrait le mor­ceau de papier quil avait à la main, et sur lequel se trouvaient en effet quelques lignes tracées avec du sang. Ce malheureux ricanait dune manière effrayante, présentait son papier a