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chacun de nous, et répétait toujours : « Lisez , lisez donc !

« Vous ne pourriez, ajouta-t-il, tout nest pas fini. Eh bien ! écoutez; je vais vous raconter de quelle manière les choses se sont passées.

« Je venais de me marier. Oh ! quelle était digne dêtre aimée, celle que javais choisie ! comme ils sécoulaient rapidement les premiers jours de notre ménage ! Les doux chants de lhy- ménée avaient à peine cessé, que mon oreille fut tout à coup frappée du cri des combats. La patrie nous appelle : enfant soumis, je me dé­voue, je marrache aux embrassements dune tendre mère , dune épouse adorée ; je marche contre lennemi. Pendant vingt jours, je ne vécus que de privations ; je fus exposé à toutes sortes de dangers. Au vingtième jour eut lieu un combat terrible, cétaient des Français qui combattaient contre des Français. iNous rempor­tâmes la victoire, mais elle fut chèrement ache­tée. Pour ma part, je reçus six blessures, deux à la tète, deux à lestomac, une à la jambe, une autre à la main : tout mon corps nétait quune plaie. Je fus renvoyé dans mes foyers. Je me traînais difficilement, mais je me consolais de mes souffrances par la pensée de revoir bientôt celle que jaimais dun amour si tendre. Hélas! jétais bien éloigné de me douter du sort qui