98 GATIENNE.

damné par la loi naturelle. Sil en était ainsi, que de conséquences absurdes nous serions obligés dadmettre. Il faudrait dire que les plus sages des hommes ont presque tous violé la loi natu­relle ; il faudrait dire que tous les peuples, qui o nt fait de ees sages lobjet de leur vénération et de leur amour, sont tombés dans une erreur grossière ; il faudrait dire enfin que lhomme est rigoureusement tenu de se marier dès quil devient nubile, et que cette obligation se re­nouvelle à chaque fois que les liens quil a con­tractés se sont rompus.

Il y en a qui sen vont répétant sérieuse­ment : « Si tous gardaient le célibat, la terre serait promptement dépeuplée. »

Qui ne voit, daprès la connaissance que nous avons du cœur humain, combien cette supposition est inadmissible, absurde ? Qui ne voit quavec un pareil mode de raisonnement il serait facile de tout établir ou de tout com­battre ?

Quelques-uns ajoutent : «Du moins le cé­libat est défavorable à laccroissement de la po­pulation. »

Mais dabord cet accroissement indéfini est- il un avantage?Et puis, si le célibat vertueux, le seul que nous défendions ici, nest pas favo­rable à laccroissement de la population en-