GATIENNE. 105
parlait que de régénérer la France, et pour cela il ne voulait qu’un moyen : c’était l'extermination. Son nom était pour tous un objet d’épouvante. Un million d’hommes qui eussent affronté la mort sur le champ de bataille tremblent lâchement à la voix de cet être affreux. Une jeune fille, nommée Charlotte Corday , s’imagine que la mort de cet homme va délivrer sa patrie de la tyrannie sous laquelle elle gémit. Elle se rend à Paris ; elle aborde le monstre , dont les plus courageux s’éloignent toujours en tremblant : elle prend avec un inconcevable sang-froid toutes les précautions nécessaires pour faire réussir son projet ; elle le frappe d’une main sûre, et elle se remet avec joie au pouvoir de ceux qui sont accourus aux cris de sa victime expirante.
Un autre tyran remplaça promptement celui que la main d’une jeune fdle venait de frapper. Il n’est pas aussi affreux que le premier peut- être; mais, par cela même qu’il inspire moins d’horreur, il n'est que plus redoutable. Eh bien! il se rencontre encore une jeune fille qui essaie de le frapper, en s’exposant à l’inévitable danger de se perdre elle-même.
Et vous, mon enfant, me permettrez-vous de parler aussi de votre dévouement? A combien de dangers vous vous êtes exposée ! que d’amer-
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