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sacrée. Un cri de grâce se fait entendre; mille voix le répètent, et, triomphante, elle emmène son père, aux applaudissements unanimes des spectateurs et des assassins.

Si la vie de cette fille héroïque eût appartenu à un époux, à des enfants , aurait-elle pu lof­frir en échange de la vie de son père?

Une autre victime est aussi sur le point dètre immolée : cest Sombreuil, lancien gouverneur des Invalides. Ce nom excite toute la rage des assassins ; ils veulent limmoler au plus tôt : a Vous entendrez mon père ! sécrie sa fille en se plaçant devant lui, vous entendrez mon père ! » Son intrépidité , ses cris déchirants ont ému les furieux qui voulaient frapper son père. Leurs bras sont comme enchaînés. Un des bour­reaux sapproche de la jeune fille : « Voici ta dernière épreuve, lui dit-il ; bois ce sang, et jure dêtre fidèle à la nation ! » Elle répond : « Et vous jurez dépargner mon père ! » La promesse est donnée. Lhéroïne prend le verre de sang , et en le buvant elle a sauvé son père.

Quelle mère eût osé donner cet horrible breuvage à lenfant quelle aurait pu porter alors dans son sein ?

Lhomme qui contribua le plus à donner à notre révolution le caractère atroce quelle nvait point dabord, ce fut Marat. Ce monstre ne