moire , j ai vu tomber, au milieu de nos place publiques, une pauvre femme subitement at­teinte dune maladie contagieuse. Ses membres, horriblement torturés, sagitaient en tous sens. Chacun sempresse autour delle, et personne ne peut lui porter de secours efficaces. Un mé­decin vient à passer , on lappelle, et il se rend avec empressement, poussé par cet instinct du

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sépulture chrétienne un cadavre repoussant qui était entré en dissolution avant davoir été frappé par la mort. Mais ce nest pas seulement le corps qui souffre dans ces êtres infirmes ; lâme, en eux, réclame surtout les soins de la charité chrétienne. Aussi voyez-vous cette pieuse fille sourire avec amour au visage horri­blement contracté par la douleur et le dés­espoir ! Lentendez-vous murmurer à loreille des mourants ces douces et saintes paroles qui tombent sur un cœur ulcéré comme un baume adoucissant sur une plaie cuisante !

Ne lui parlez pas des dangers auxquels elle est exposée. Quimporte la perte de son corps , si elle a le bonheur de gagner une âme ! Dail­leurs le corps , ce nest rien pour elle, cest un fardeau , et dès lors la mort est véritablement un gain.

Jai vu dans mon enfance, et tant que je vivrai le souvenir en sera présent à ma mé­