GATIESNE. 1 I I
et ses vêtements. Elle lui fait connaître sa nature , ses destinées, sa position sur la terre. Elle grave quelquefois dans son âme une morale plus pure, plus sainte , et, par cela même , plus sublime que celle qui est enseignée aux grands et aux savants de ce monde.
Les nombreux enfants , rangés autour de la pieuse sœur, se dispersent enfin. Ils se retirent chacun de leur côté , emportant dans leur malheureuse famille une pensée , une seule parole, qui suffira pour y faire germer la vertu.
Le soleil est couché, mais elle n’est pas encore entièrement achevée, la noble tâche imposée par la charité à celle que l’on croit inoccupée. Sui- vons-la.
Elle marche sans faste et sans bruit, comme la vertu dont elle est la plus exacte personnification. Où vient-elle d’entrer? Dans un vaste hôtel, dans une espèce de palais : oui, mais c’est l’hôtel de Dieu, c’est le palais de la misère.
La voyez-vous panser ces plaies dégoûtantes, qu’un autre aurait à peine le courage de regarder ! La voyez-vous soigner ces maladies honteuses auxquelles l’homme lui-même n’a peut- être jamais pensé sérieusement sans éprouver un dégoût profond ! A un autre lit, elle va recueillir le dernier soupir du pauvre agonisant. Plus loin elle s’empresse de disposer pour la

