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cieux se jouaient sur les pelouses fleuries sans redouter la présence de l’homme. Les ruisseaux, plus purs que le cristal, coulaient sur des lits de cresson et de capillaire. Un printemps éternel régnait dans cette île, et ni la maladie ni la vieillesse n’atteignaient ses habitants, qui jouissaient d’un bonheur au- dessus de toute expression.
Le fils du roi fit un voyage sur le continent, et, étant arrivé dans une grande ville, il fut assailli par une troupe de malheureux qui lui demandaient l’aumône ; ils étaient couverts de haillons et mourants de faim. Puis il en vit d’autres suc-

