oa. — La pierre.
Un homme riche se prit de querelle avec un pauvre journalier; dans le fort de sa colère, il lui jeta une pierre; le pauvre la ramassa et la mit dans sa poche. „I1 viendra un tempspensa-t-il, „où je pourrai la renvoyer à la tête de mon ennemi.“
Le riche, réduit à la mendicité par son orgueil, sa fainéantise et sa prodigalité, passa un jour, couvprt de haillons, devant la cahane du pauvre.
Celui-ci alla chercher sa pierre pour la lancer sur l’infortuné; mais, par une subite réflexion, il s’arrêta et dit: „Non, je vois en ce moment qu’il ne faut jamais se venger de son ennemi; car, s’il est riche et puissant, c’est un acte de folie, et c’est une barbarie, s’il est malheureux. Ainsi dans l’un et l’autre cas la vengeance est toujours indigne d’un homme de bien et d’un chrétien.“
Au lien de te venger, prends toujours patience,
Dieu te protégera de sa toute-puissance.
56. — Le sac de terre.
Pour agrandir le parc de son château, un homme riche et puissant dépouilla une pauvre veuve du seul morceau de terre qu’elle possédât. Le lendemain de cette injuste conquête, comme il se promenait dans le champ volé, il vit cette pauvre femme s’approcher de lui, portant à la main un sac à hlé qui était vide. .,Je viens vous prier, Monseigneur,“ lui dit-elle les larmes aux yeux, „de vouloir bien m’accorder une grâce, c’est

