SUISSE. 71
signai Jack comme le plus léger des trois aînés : celui-ci grimpa avec l’adresse et l’agilité d’un chat, arriva sans encombre sur la branche et me fit signe que Fritz pouvait monter sans danger. J’y consentis, mais en lui disant de monter avec le plus de précaution possible, et je lui donnai un marteau et des clous pour fixer solidement l’échelle sur la branche. Tout en suivant avec anxiété son ascension , nous retînmes de toutes nos forces l’échelle par le moyen de la corde qui pendait sur la branche, et nous le vîmes enfin arriver heureusement. Quand l’échelle fut attachée solidement sur l’arbre, je montai à mon tour et j’emportai une poulie que je m’occupai à clouer à une branche voisine pour nous faciliter le lendemain les moyens d’élever nos planches et nos poutres. Je redescendis ensuite heureux de ce travail.
Quand j’arrivai auprès de ma femme, elle me montra ce qu’elle avait fait pendant la journée : c’étaient des harnais pour l’àne et la vache. Tous nos préparatifs étaient donc terminés, et il ne nous restait plus qu’à souper lorsque je m’aperçus que Jack et Fritz n’étaient point avec nous. Ma femme me dit quelle ne les avait point vus redescendre. Cependant la nuit était venue, et la lune brillait de tout son éclat; je commençais à devenir inquiet de cette absence prolongée et je cherchais à découvrir mes enfans, quand nous entendîmes au-dessus de nos tètes deux voix entonner un hymne du soir. Je n’osai pas les interrompre, tant ce chant avait de charmes au milieu de cette belle nature et du silence qui nous entourait ; mais quand ils eurent fini, je leur criai de descendre bien vite, et je ne fus com-

