suisse. 177
CHAPITRE XXII.
Les Greffes. —La Piuche. —Les Abeilles.
Nous partîmes dès le lendemain malin pour établir à nos jeunes arbres des tuteurs avec des bambous. Nous emmenâmes la claie chargée de morceaux de fer pointus pour creuser la terre, et nous laissâmes au logis la bonne mère et son petit Franz, en leur donnant commission de nous préparer un bon dîner pour le retour, et de faire fondre de la cire pour nos bougies. Le buffle resta à l’écurie; je voulais que sa blessure fût entièrement cicatrisée avant de le soumettre au travail, et déjà quelques poignées de sel nous avaient obtenu son amitié. D’ailleurs la vache suffisait pour traîner notre léger fardeau de bambous.
Nous trouvâmes nos arbres couchés par le vent tous du même côté. Les bambous furent plantés et attachés solidement à l’arbre avec une espèce de liane qui croissait aux environs, et leur fournirent ainsi l’appui dont ils avaient besoin. Mes trois fils aînés, qui étaient avec moi, travaillaient avec beaucoup de zèle, et la nature même de notre occupation donnait lieu â des questions que j’accueillais avec beaucoup de plaisir; elles avaient toutes rapport à l’agriculture et à la botanique. Elles furent même si nombreuses qu’elles finirent par m’embarrasser; mais je compris que le moment était favorable pour leur donner des ren- seignemens utiles; aussi je m’empressai d’y répondre autant que mes connaissances me le permirent.
Fiutz. Les arbres dont nous nous occupons sont-ils des sauvageons ou des sujets greffés?

