SUISSE. 179
parce que l’un de ces fruits est à noyau, et l’autre à pépins. Quant aux arbres qui viennent ici sans culture, tels que les palmiers, les cocos et les goyaves, la nature a sans doute voulu dédommager par ce bienfait les pays chauds de plusieurs grands inconvéniens.
Ernest. Comment a-t-on pu avoir l’idée première de la greffe, et d’où a-t-on tiré les premières bonnes branches pour insérer dans celles des sauvageons?
Moi. Ta question est très-sensée et m’indique que tu apportes une grande attention à mes explications.
Les bons arbres fruitiers sont originaires de quelques pays où ils portent naturellement des fruits aussi exquis que l’art et le soin en peuvent produire chez nous. Ces arbres ont été arrachés jeunes de leur sol natal, et transplantés en Europe où ils ont servi à greffer les sauvageons; car le sol d’Europe est si peu propre à produire naturellement de bons fruits, que le meilleur arbre fruitier, sortant de sa propre semence, redevient sauvage, et a besoin d’étre greffé. Des jardiniers rassemblent à cet effet dans des enclos une quantité de jeunes arbrisseaux; on appelle ces enclos des pépinières, et c’est là qu’on va chercher les boutures dont on a besoin.
Ernest. Mais sait-on bien exactement quelle est l’origine de nos fruits d’Europe, et par quels emprunts faits à l’Asie ou à l’Amérique l’homme est parvenu à les perfectionner?
Moi. Oui, à peu près, et je puis sur ce point satisfaire ta curiosité. »
Je pris de là l'occasion d’apprendre à mes enfans l’ort-

