20-i le robinson
CHAPITRE XXY.
I.a Grotte à sel. — Habitation d’hiver, -t.es Harengs. —
Les Chiens marins.
Je ne saurais exprimer avec quels transports après nos longues semaines d'ennui, nous vîmes enfin les nuages disparaître, le soleil briller au milieu d’un ciel pur, et le vent, dont la violence nous avait si fort effrayés, cesser entièrement. Nous saluâmes le retour du printemps par des cris de joie, et nous sortîmes avec bonheur de notre retraite pour respirer l’air pur de la campagne, et reposer nos yeux sur la verdure rafraîchie qui parait la terre. La nature entière était rajeunie, et nous-mêmes avions déjà oublié toutes nos souffrances de l'hiver.
Notre plantation était en pleine prospérité; les grains que nous avions semés commençaient à sortir de la terre en filets minces. La prairie était émaillée d’une multitude de fleurs, les oiseaux avaient commencé leurs chants : c’était une résurrection complète de la nature.
Aussi nous célébrâmes le dimanche suivant avec une ferveur, une piété telle que nous n’en avions point encore eue dans l’île, et nous nous mîmes sur-le-champ au travail avec ardeur. Nous nettoyâmes notre château aérien des feuilles que le vent y avait amassées ; il n’était nullement endommagé, et nous l’eûmes bientôt remis en état d’être habité.
Ma femme, toujours active, ne perdit pas de temps, et s’occupa de son lin ; elle le teillait et moi je le peignais. Je

