La pinasse, grâce à sa construction solide, avait résisté; il n’en fut pas de même du bateau de cuves : il était devenu hors de service. En examinant nos provisions, je trouvai trois barils de poudre que j’avais omis de porter à l’abri du rocher; j’eus la douleur, en les ouvrant, d’en voir deux entièrement avariés et hors d’état de servir. En examinant la muraille des rochers, je désespérai de m’y creuser une
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réussissais dans cette fonction, à laquelle j’étais tout-à-fait étranger, au-delà même de mes espérances. Le plus difficile restait à faire. Pour arriver à la toile, il fallait un rouet et un dévidoir; les conseils de ma femme suppléèrent à mon manque d’habileté, et je parvins à construire ces indispensables instrumens. Dès-lors, la mère ne se permit aucune distraction; ses nouvelles occupations absorbaient tout son temps. Le petit Franz dévidait tandis qu’elle filait ; elle aurait bien désiré que ses autres fils vinssent à son aide ; mais ils se montraient peu empressés de se livrer à cette besogne sédentaire, si ce n’est Ernest qui consentait volontiers à filer quand il prévoyait quelque occupation fatigante. Cet exemple eût été cependant bon à suivre, car nos habits étaient vraiment dans un état déplorable; mais Fritz et Jack, faits pour les courses, aimaient beaucoup mieux errer en liberté.
11 fallait utiliser les promenades. Nous nous dirigeâmes d’abord du côté de Zelthcim, car nous étions avides de connaître les ravages produits par l’hiver sur notre ancienne habitation. Cette demeure avait beaucoup plus souffert que Falken-IIorst; la tente était renversée; la toile à voile n’existait plus, et la plus grande partie des provisions avait été si avariée par la pluie, qu’il fallut nous en débarrasser.

