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habitation; ils paraissaient d’une telle dureté, que plusieurs semaines de travail auraient à peine suffi pour y pratiquer une cavité susceptible de nous y recevoir avec nos bestiaux et nos provisions, et nous n’avions pas assez de poudre pour l’employer ù faire sauter des éclats de roches. Mais nous résolûmes du moins de faire quelque tentative, ne fût-ce que pour creuser une cave capable de contenir nos poudres pendant la pluie.
Tandis que ma femme était occupée de son lin, je partis un matin, accompagné de Jack et de Fritz, dans le dessein de choisir une place où le rocher me parut à pente perpendiculaire ; je traçai avec du charbon l’enceinte de la cavité que je projetais, et nous nous mimes à l'ouvrage. Les premiers coups de marteau produisirent peu d’efFet : le roc était presque inattaquable au ciseau et à tous nos instrumens: aussi, nous ne fîmes presque rien la première journée. Mes petits ouvriers ne se ralentissaient pas; la sueur ruisselait de nos fronts; le courage nous donnait des forces; mais elles étaient inutiles, tant que nous eûmes à lutter avec la couche extérieure du roc, et ce ne fut qu’après deux jours de persévérance, que nous sentîmes la pierre céder peu à peu sous nos coups. Nous étions parvenus à une couche calcaire qui fit place 5 une sorte de limon solidifié, que la bêche pouvait facilement entamer. Encouragés par l’espoir du succès, nous continuâmes pendant quelques jours, et nous étions parvenus à sept pieds de profondeur, quand un matin, Jack, qui enfonçait à coups de marteau une barre de fer, nous cria tout joyeux: « J’ai percé la montagne! Venez voir, j’ai percé la montagne.»

