62 1E ROBINSON

connaître pour des oiseaux de proie : lun pour le vautour noir, ou lurubu du Brésil, lautre pour le condor.

Nous nous mîmes en devoir de dresser notre tente à lentrée de la caverne, de manière â appuyer son extrémité sur le rocher. En faisant tomber quelques éclats de pierre qui gênaient notre travail, je maperçus que lintérieur du rocher était formé dune espèce de talc, traversée par des veines dasbestc ; je reconnus aussi dans les fragmens quel­ques traces de verre fossile dont la découverte me charma.

Il sagissait maintenant de dépouiller sans retard les deux terribles animaux. Pour rendre lopération plus fa­cile, nous les suspendîmes à une forte tige de bambou, solidement fixée dans le sol de la caverne, pendant que ma femme était chargée de construire un foyer et de déterrer les œufs dautruche, afin de les exposer aux rayons du soleil.

Les deux ours me donnèrent beaucoup de peine, tant â cause de la difficulté de lopération, quen raison de ldresse dont il fallait faire preuve pour dépouiller la tête sans gâter la peau.

« Mais, à propos, que voulez-vous faire de ces deux tètes ? » demandai-je aux enfans, lorsque je fus venu heureusement â bout de mon entreprise.

Fiutz. Nous nous en ferons des masques de guerre, pour aller â la rencontre des sauvages. Les insulaires de Taïli et des îles Sandwich ont coutume den porter de pareils.

Ernest. Il vaudrait bien mieux nous en faire des man - teaux â la manière des anciens Germains, en conservant la