52 GAT1ENNE.

en soit ainsi de votre serviteur, ô mon divin Maître ! Son corps saffaiblit de plus en plus , sa voix séteint, le sang se glace dans ses veines. Quand il ne pourra plus se livrer à lexercice de son ministère, quil sache aimer encore, et il accomplira votre loi. Peut-être me suis-je trop renfermé en moi-même. En suivant les senliers dangereux de cette vie , peut-être ai-je vu sans me sentir suffisamment ému lhuma­nité défaillante et couverte de plaies. Touchez, amollissez mon cœur, ô vous qui avez donné pour la rédemption du genre humain jusquà la dernière goutte de votre sang. Cest la grâce que je vous demande par lentremise de la Vierge dans le sein de laquelle vous avez puisé ce sang généreux. »

Tandis quil priait, quelques cris, comme les cris dun enfant au berceau, séchappèrent du pied de lautel et vinrent le tirer de ses médita­tions. Il écouta attentivement; mais, comme il nentendit plus rien, il crut sêtre trompé, et reprit le cours de ses réflexions. Peu après, les mêmes cris recommencèrent et frappèrent dis­tinctement ses oreilles. « Quest-ce donc? » se dit-il. Il sapproche, soulève un voile noir, et, à la lueur vacillante de la lampe, aperçoit un pauvre petit être qui crispait ses faibles mains, comme pour dire ses souffrances. «Voilà