GATIENNE. 53
l’homme ! » s’écria-t-il. Il restait immobile d’étonnement et d’irrésolution. Il se disait à lui- même : « C’est sans doute le fruit du liberti - nage. Que de dissolution dans les mœurs! le temple saint n'est point respecte; et meme c’est aux pieds de la Vierge immaculée qu’a été déposé celui qui fut doublement conçu dans le péché. Quel sacrilège ! »
La jeune femme, retirée derrière un pilier, suivait les mouvements du prêtre et écoutait tout ce qu’il disait. Quand elle entendit pronon- cerces dernières paroles, ellesecouvrit levisage. « Mon Dieu, pensait-elle, je l’ai bien mérité ! » Le prêtre était toujours auprès de l’enfant. Il a remarqué la médaille suspendue à son cou ; il regarde. « Pauvre mère ! se dit-il, de pieux sentiments étaient encore dans son faible cœur. Son intention n’était point de profaner le temple : elle était venue faire à Dieu l’aveu de sa faute et crier miséricorde pour elle et pour son enfant. Ne pouvant l’élever, elle le recommande aux soins de celui dont la providence s’étend sur tous... »
La jeune femme entend encore ces paroles, et se sent comme renaître. Elle est sur le point de se montrer, de se jeter aux pieds du prêtre, de lui faire connaître sa triste position ; mais elle est retenue par la honte. « Ah ! du moins,

