GATIENNE. 55
femme, qu’il la toucha de son manteau. Elle fut sur le point de l’arrêter pour lui exprimer sa reconnaissance.
Quand le prêtre sortit du temple, le jeune homme le remarqua : « Que vous êtes heureux ! se dit-il. Pour vous, nulle inquiétude sur la terre; vous vous êtes retiré de ce monde, et , du haut du rivage, vous regardez d’un œil tranquille le torrent couler bruyamment à vos pieds. Il vous est commandé, je le veux, de tendre la main au malheureux qui l’implore; votre ministère de charité vous appelle souvent à venir partager les chagrins et les dangers de vos frères; mais ce dévouement, n’est-ce point encore une jouissance? »
En ce moment parut la jeune femme : « Tout va pour le mieux , s’écria-t-elle. Tu as vu cet ecclésiastique à cheveux blancs qui sort du temple. Il a promis devant Dieu de toujours s’occuper de notre pauvre fille. »
Lejeune homme répondit : « Lui ! à son âge! quelle charité 1 que Dieu en soit loué ! » Et il le suivit longtemps des yeux, appelant sur lui les bénédictions du Ciel.
Ils se retirèrent le cœur soulagé. Le lendemain , de grand matin, ils s’éloignaient avec empressement de ces lieux où ils avaient été abreuvés de tant d’amertumes.

