arriver?

Lhomme affamé accourt pressé par le be­soin ; il s'écrie : « Jai faim ! » Le célibataire ver­tueux lui donne avec empressement ce quil de­mande; et sil na quun morceau de pain pour lui-même, il le partage volontiers avec celui qui nen a point du tout. Mais lhomme marié, il hésite... Que voulez-vous? il sarracherait peut- être lui-même de la bouche le morceau de pain dont a besoin lindigent qui pleure à sa porte ;

100 GATIENNE.

barbares la connaissance de son nom. Il se lève, il regarde : « Mon Dieu, répond-il, cellequevous mavez donnée pour compagne est ici, et elle ne peutmesuivre jusquaux extrémités delaterre.» Et la voix de Dieu ne se fait plus entendre, ou, si elle parle encore, elle nest point écoutée.

Ce sont des hommes qui lappellent : « Mon frère ! mon frère ! » Il se lève, il regarde : ce sont des frères , en effet, mais il ne les connaît plus. Il a une épouse; et ces autres noms : père, mère , frère, sœur, ces noms qui remuaient si délicieusement son cœur, tout cela est oublié.

Nest-ce pas ce que nous voyons continuelle­ment? nest-ce pas ce qui doit nécessairement

mais ce pam quon lui demande, il n est point à lui ; cest le pain de sa femme et de ses enfants ; et, sils en ont abondamment aujourdhui, ils pourraient nen avoir pas demain. Voyez-vous